Le Professeur Olivier Cussenot, Président de l'ANAMACaP, décoré de la Légion d'Honneur
REMISE de la LEGION d’HONNEUR au Professeur Olivier CUSSENOT
Institut de France, le 18 décembre 2025
Discours de Roland MUNTZ, Président d’honneur et fondateur de l’ANAMACaP
Si l’on m’avait dit il y a 25 ans que je viendrai sous la coupole couronner l’histoire collective de l’ANAMACaP par la reconnaissance de son fidèle mentor, je l’aurais cru car le destin a mis dès son berceau de grands hommes à la particularité d’avoir du rouge à la boutonnière.
ll en manquait un que l’humilité ne permettait pas d’aspirer à la gloire : ce handicap est aujourd’hui comblé par l’initiative citoyenne de 500 camarades de l’ANAMACaP qui conduisent OLIVIER CUSSENOT à la dignité suprême de notre pays.
Voici l’histoire de cette belle aventure :
Elle commence par un Chancelier de l’Institut de France, ancien premier ministre de son état qui, dans son fief de Sarrebourg, m’avait demandé de diriger l’association de la centaine de maires de son arrondissement.
La particularité de cette association était d’organiser un raout annuel des forces vives du département sur deux ou trois thèmes. Comme je venais d’être traité d’un cancer de la prostate agressif, j’étais révolté du manque d’information du danger mortel que représente cette maladie taboue. J’ai alors surpris mon monde en mettant à l’ordre du jour ce cancer et son dépistage.
Pour ce faire, Monsieur Messmer m’a indiqué que le Président des urologues français, le Professeur Philippe Mangin, officiait à Nancy, cité voisine. Ce grand Médecin captiva à ce point l’auditoire qu’un consensus se forma autour des politiques, des médecins et de l’ANAMACaP pour réaliser dans un arrondissement de 60 000 habitants le seul dépistage, systématique et gratuit à ce jour en France, et qui est encore étudié dans les facultés de médecine.
Cette opération d’envergure a été menée pendant plusieurs mois à la table de l’épouse du Professeur Mangin, Madame François Mangin ici présente, où siégeait un personnage énigmatique et discret. Françoise, qui me cornaquait parmi un aéropage de Professeurs, m’a glissé à l’oreille qu’il s’agissait du pur-sang de la bande : urologue, oncologue, ethnologue, lauréat. Le Professeur de Thé allongera son curriculum vitae après moi.
Depuis cette date, il y a plus de vingt ans, l’ANAMACaP a explosé : sa mission a été reconnue d’utilité publique grâce à la vision du Professeur Mangin et sous la férule du Professeur Cussenot.
J’exprime ici une pensée reconnaissante à Philippe Mangin qui nous a quittés il y a peine quelques semaines, et ma profonde amitié et sympathie à Françoise Mangin.
Quand le Professeur Cussenot a été nommé à Paris, j’ai été invité cette fois par Isabelle, son épouse, dans leur petite maison de la rue des Pyrénées, tellement de fois pour bénéficier de l’enseignement de ce grand maître en médecine, moi le juriste via Bac philo, pour rencontrer et échanger avec d’éminents spécialistes de ce cancer que je reconnais devant moi et enfin et surtout pour être le relais entre les centaines de questions d’espoir et de craintes de mes camarades de l’ANAMACaP et les conseils bienveillants d’un architecte médical au-dessus de tout conflit, de chapelle ou d’intérêt car ne participant pas à l’acte médical.
À la patience bienveillante de traduire pour les patients la complexité de la maladie et de ses traitements, s’est ajoutée la passion que le professeur Cussenot voue à la recherche scientifique : il nous a entraînés à oser des programmes de recherche qui bénéficient à l’ensemble de la communauté des patients français.
Un press-book est en cours de réalisation qui décrira les études ainsi subventionnées pour des montants de plusieurs centaines de milliers d’euros exclusivement versés par des malades du cancer de la prostate. Ce fut réalisé au travers d’une fondation puis d’un fond de dotation grâce aux contributions exceptionnelles de deux amis aujourd’hui disparus : Korab Spahija et Philippe Rideau qui ont rejoint Jean-Marie ANDRIEU et Philippe MANGIN au panthéon de l’ANAMACaP.
Toute notre reconnaissance et toute mon amitié aux trois épouses de ces grands hommes, présentes dans la salle.
La légion d’honneur qui vous est remise, cher Olivier, est la récompense des mérites éminents que vous avez apportés à la cause des hommes affectés par le cancer le plus fréquent dans notre pays .
Votre compétence unanimement reconnue, votre discrétion légendaire, votre empathie démontrée chaque jour et enfin votre capacité à fédérer en acceptant la présidence de l’ANAMACaP, vous confèrent le porte-parolat d’une communauté de 650 000 patients du cancer de la prostate .
Il m’appartient de remercier aussi toutes celles et tous ceux qui ont signé et soutenu cette initiative citoyenne au premier rang desquels je me dois de citer mon député Olivier Falorni. Lorsqu’il a lu le dossier de centaines d’interventions que nous avions concocté, il m’a confié qu’il n’avait jamais vu un tel document et que nous pouvions de suite commander le champagne.
L’ANAMACaP démontre ainsi que si nous sommes des malades, nous sommes debout, capables d’être à l’origine de fortes paroles mais aussi d’actes forts : la médecine et la recherche progressent dans une alliance de coopération et de confiance avec les malades et leur représentation.
C’est pour cela que notre initiative citoyenne n’est pas seulement une reconnaissance et un hommage à notre maître et Président, c’est aussi une manière d’affirmer publiquement que l’engagement du grand Médecin qu’est le Professeur Olivier Cussenot au service des autres doit être reconnu à sa juste valeur, la Légion d’honneur.
Roland Muntz
Président d’honneur -Fondateur de l’ANAMACaP