Nouveau paradigme 2010

La controverse absurde du dépistage du cancer de la prostate par le test PSA aboutit aujourd’hui à un développement anarchique du dépistage, lequel conduit à une augmentation de l’incidence des cancers localisés (94 % aux USA). Parmi ces cancers localisés, près d’un tiers sont indolents (non agressifs) et ne nécessitent pas de traitements agressifs lesquels ont pour conséquence de rendre le malade impuissant et/ou incontinent une fois sur deux…. Lire la suite

Autres guides Cancer info

- Vivre pendant et après un cancer
- Vivre auprès d’une personne atteinte d’un cancer
- Fatigue et cancer
- Douleur et cancer
- Démarches sociales et cancer
- Etc…

A télécharger ou à commander gratuitement sur le site www.e-cancer.fr/publications sélectionner le champ "par collections" puis "guide patients" puis "la vie avec un cancer" ou cliquer directement sur le lien ci-après : cliquer ici

Le diagnostic du cancer de la prostate à un stade précoce

Le cancer de la prostate est actuellement dans les pays occidentaux la deuxième cause de mortalité par cancer chez l'homme, et la première après 70 ans. Ces données brutes peuvent paraître inquiétantes et méritent d'être nuancées.

L'âge de survenue du cancer de la prostate est tardif, dans la deuxième partie de la vie et sa fréquence augmente avec l'âge. La population d'hommes âgés de plus de 50 ans représente, en France, environ huit millions de personnes. On estime que 40% d'entre elles, soit environ trois millions, présentent des cellules cancéreuses dans leur prostate.

Le développement potentiel de ces cellules dépend de leur agressivité : sur ces trois millions d'hommes, on estime que 20% d'entre eux, soit six cent mille, présentent des cellules suffisamment agressives pour pouvoir se développer. Le cancer de la prostate évolue généralement lentement, sur plus de 10 à 15 ans avec un développement qui reste longtemps local, limité à la prostate ou sa région. Ces chiffres sont à rapprocher de l'espérance de vie, que l'on estime en France, pour une personne de 70 ans, d'environ 12 ans.

Ces données éclairent les constatations épidémiologiques. Si le cancer de la prostate est une cause importante de décès par cancer chez l'homme âgé, cette mortalité reste relativement faible, si on la compare au très grand nombre de cancers prostatiques latents, puisque plus de 90% d'entre eux mourront d'une autre cause.
Enfin, il faut garder à l'esprit que sur les deux cent soixante et onze mille hommes qui décèdent chaque année en France, toutes causes confondues, le cancer de la prostate est responsable de neuf mille décès.

La question du dépistage

Ces données, que l'on peut interpréter de façon optimiste ou pessimiste, justifient les différences de programmes de Santé Publique dans les pays occidentaux.
Dans les pays Scandinaves par exemple, aucun programme de dépistage n'a été mis en place. Le cancer de la prostate n'est traité que lorsqu'il entraîne des symptômes.
Aux Etats-Unis, au contraire, de nombreuses campagnes de dépistage ont été initiées pour permettre un diagnostic précoce du cancer de la prostate, à un stade où l'on espère pouvoir guérir le patient.
Aucune attitude n'a jusqu'à présent démontré sa supériorité en terme d'allongement de la survie. C'est pourquoi, en France, une réunion de consensus a recommandé seulement le dépistage individuel, adapté aux désirs du patient, à son âge et son état de santé.

Chez qui faut-il évoquer précocement le diagnostic ?

Le seul facteur prédisposant connu est la présence, dans l'ascendance directe ou dans la fratrie, d'un cancer de prostate. Dans cette population "à risque" une surveillance particulière peut être proposée à partir de 40 ans.
En dehors de ce cas particulier, rien ne justifie a priori un dépistage systématique et répété. Chez un homme en bonne santé qui le souhaite, une évaluation à partir de 50 ans est une pratique recommandable ; si tout est normal une évaluation régulière peut ensuite être proposée jusqu'à 75 ans. Passé cet âge, une surveillance ne se justifie plus, car si tout a été normal jusque là, le risque d'apparition d'un cancer de la prostate et d'en souffrir dans l'avenir devient pratiquement nul.

Comment évoquer précocement le diagnostic ?

Deux examens sont utiles :

  • Le toucher rectal permet de palper la partie de la prostate qui bombe dans le rectum. Il se trouve que plus de 65% des cancers de prostate débutent sur cette partie accessible à l'examen. A un stade précoce, sans entraîner aucun symptôme, le cancer de prostate peut se présenter comme une petite induration de la prostate, mais qui n'a rien de spécifique.

    Il est pratiqué à la consultation, est indolore et permet d'apprécier le volume et la consistance de la glande prostatique. L'adénome de la prostate (hypertrophie bénigne) est lisse, souple et régulier. Le cancer de la prostate se traduit par une zone ferme, dure ou un nodule.


  • Le dosage de l'antigène prostatique spécifique (en anglais PSA : prostatic specific antigen). Cet antigène est une protéine normalement sécrétée par les cellules de la prostate, et l'on peut établir une corrélation approximative entre le taux de l'antigène détecté dans le sang et le volume de la prostate.
    Un certain nombre de situations non cancéreuses peut faire augmenter le taux de l'antigène, de façon transitoire comme une infection de la prostate, une poussée évolutive d'un adénome de la prostate, ou même la pratique assidue de la bicyclette, ou de façon définitive comme l'adénome de la prostate, puisque le nombre de cellules prostatiques est augmenté.
    Les cellules cancéreuses sécrètent dans le sang environ 10 fois plus d'antigène que les cellules prostatiques normales : un déséquilibre entre le taux de l'antigène dosé dans de bonnes conditions et le volume de la prostate peut ainsi devenir un élément de suspicion de la présence de cellules cancéreuses.
    Mais les méthodes de dosage sont nombreuses et de sensibilités différentes. Un dosage légèrement élevé est difficilement interprétable et certainement pas spécifique du cancer. Il peut être parfois nécessaire de répéter ce dosage dans des conditions connues.
    L'Echographie de la prostate isolée n'a pas de valeur d'orientation diagnostique suffisante.

    Page suivante

Honcode

 

Certification Honconde en cours
de validation.